A PROPOS DES MINISTÈRES RÉGALIENS EN RD CONGO.

Le concept “régalien” (du latin “rex, regis” signifiant “roi”) traduit la réalité de ce qui appartient au roi. Les fonctions régaliennes se veulent donc celles qui appartiennent exclusivement au roi ou à tout détenteur du pouvoir suprême de l’État. Des fonctions qui découlent exclusivement de son ressort pour la stabilité des institutions de l’état, pour la prospérité du pays et le maintien de l’ordre à l’intérieur et à l’extérieur de son territoire.

A la lumière de cette définition, les ministères régaliens sont ceux qui appartiennent au roi ou au Chef de l’État, ceux qui sont gérés sous son contrôle direct, ceux qui sont de son ressort car constituant le cœur même de l’État et l’effectivité de son imperium. Ces ministères ne peuvent être ni délégués ni cédés à un privé ou à une quelconque autorité morale encore moins à une plate-forme politique, pour la simple raison qu’ils incarnent un pouvoir qui fonde la souveraineté de l’État dont le Chef de l’État est censé être le garant de sa stabilité, de son unité et de sa cohésion.

Et pour devenir plus concret, ces ministères régaliens sont principalement liés à la Défense, l’Ordre public, aux Finances, à la Diplomatie, à la Justice et garde des sceaux. Mais dans le cas de la Rd Congo croupissant sous occupation et plongé dans une culture d’asservissement volontaire et de chosification avancée depuis l’ère Mobutu, il importe de joindre à ce tableau ci-haut, le Ministère de l’Éducation qui doit aussi fonctionner sous le contrôle direct du Chef de l’État pour insuffler l’actuelle gouvernance la nouvelle idéologie politique d’après laquelle la plus grande richesse du Congo, ce n’est ni ses minerais ni ses forets mais avant tout l’homme congolais qu’elle est désormais appelée à bien formater « en bien » et en « somme des valeurs positives » pour en faire l’acteur majeur d’un Congo nouveau.

Le gage d’un Congo libéré de son occupation et prêt à reprendre son flambeau de croissance et de moteur de développement au cœur de l’Afrique ne dépendra point d’un simple changement de président à la tête de l’État mais bien plutôt de la capacité de ce dernier à s’approprier ces cinq attributs du pouvoir en vue d’en exercer le monopole du pouvoir.

D’où la question fondamentale de la politique congolaise à l’heure actuelle qui n’est ni la nomination d’un Premier Ministre ni la toute prochaine publication de la liste des ministres de l’Exécutif. NON ! L’enjeu des enjeux, c’est bien le monopole ou non par le nouveau président sur ces cinq ministères de la Défense, de l’Intérieur, de Finances, des Affaires étrangères et de l’Éducation qui, constituant au Congo comme ailleurs le cœur du pouvoir, donneront la véritable preuve de l’exercice de son pouvoir de commandement pour accélérer efficacement et avec véhémence l’avènement d’un nouveau Congo prospère et puissant.

Qu’on se le dise !

Germain Nzinga

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